7 erreurs à éviter en entretien d'embauche
- Sylvie esposito

- il y a 5 jours
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 4 jours

Après des années à accompagner des candidats et à mener des entretiens de recrutement, ce sont toujours les mêmes pièges qui reviennent, souvent presque mot pour mot.
Voici les sept plus fréquents, dans l'ordre où ils se présentent réellement pendant un entretien, avec la réponse qui fonctionne vraiment à la place.
L'erreur après la question "comment allez-vous ?"
S'épancher sur la météo ou son état d'âme du jour. Ça peut sembler anodin, mais ça donne le ton dès la première seconde : un candidat qui commence par se plaindre du trafic, de sa connexion internet (si l'entretien a lieu à distance) ou de sa fatigue envoie un signal négatif avant même d'avoir parlé de son profil.
La bonne réponse : « Très bien, merci, et vous ? » Simple, professionnel, et ça remet immédiatement la balle dans le camp du recruteur pour démarrer l'entretien.
L'erreur après la question "Parlez-moi de vous" / "Présentez-vous"
Réciter l'intégralité du CV depuis les études ou partir sur des informations personnelles sans lien avec le poste : situation familiale, loisirs, anecdotes hors sujet. Une candidate m'a raconté un jour, avec beaucoup de fierté, à quel point elle avait réussi l'éducation de son chien... pour un poste de commercial sédentaire chez un éditeur de logiciels, le lien avec le poste était difficile à faire.
La bonne réponse : un pitch structuré d'une minute trente maximum, centré sur le parcours professionnel pertinent pour le poste en question, pas toute une vie, un résumé qui donne envie d'en savoir plus.
L'erreur après la question « Pourquoi voulez-vous travailler ici ? »
Entendue, dans la vraie vie, à deux reprises : « Ici ou ailleurs, vous savez, moi je dois travailler », une réponse qui dit clairement l'absence de motivation réelle pour l'entreprise. Ou encore : « J'ai vu que vous étiez une SARL et ça c'est important » 🙄, une réponse hors sujet qui ne dit rien du poste ni de l'entreprise, même si elle m'a fait bien rire sur le moment.
Autres pièges classiques : réciter le site internet de l'entreprise mot pour mot ou dénigrer son poste actuel et son manager.
La bonne réponse : « J'ai fait le tour de mon poste actuel, je cherche un vrai défi et je peux vous apporter ça. » Une réponse qui relie une vraie motivation personnelle à ce que l'entreprise recherche, sans critiquer son parcours précédent.
L'erreur après la question « Quel est votre principal défaut ? »
Nier en avoir un (« je n'ai pas vraiment de défaut » ou une fausse qualité déguisée comme « je suis trop perfectionniste », entendue cent fois) ou à l'inverse avouer un défaut vraiment disqualifiant pour le poste.
Autre exemple entendu pour l'anecdote : « Je suis incapable de résister à l'envie de remettre droit un tableau légèrement de travers. »
La bonne réponse : un vrai défaut, accompagné d'une preuve concrète qu'on travaille dessus. Par exemple : « Ce que mon dernier manager m'a demandé de travailler, c'est... », complété par une action concrète mise en place depuis. La conscience de soi compte plus que la perfection affichée.
L'erreur après la question « Où vous voyez-vous dans 5 ans ?"
Anecdote véridique : un candidat de 24 ans qui explique qu'il aura, d'ici là, fait des plus-values sur des appartements achetés et rénovés en parallèle de son poste, de quoi devenir rentier. Je lui souhaite d'avoir réalisé ses ambitions mais cette réponse dit, sans le vouloir, qu'il ne se projette pas dans l'entreprise. Autre piège : parler d'un projet de reconversion ou d'une entreprise qu'on compte créer.
La bonne réponse : « Dans votre entreprise » soit toujours à ce poste mais en pleine réussite, soit avec une évolution transversale (vers une expertise) ou horizontale (vers un rôle managérial). Une trajectoire qui montre qu'on se projette dans la structure, pas en dehors.
L'erreur après la question « Quelles sont vos prétentions salariales ?"
Refuser de répondre, rester vague ou avancer un chiffre sans avoir fait de recherche sur le marché. Trop bas, ça dévalorise ; trop haut sans justification, ça disqualifie. Un classique entendu régulièrement : le candidat répond « Ce qui est prévu dans l'annonce me convient. » Quand je demande « Et qu'est-ce qui est prévu dans l'annonce ? », la réponse est souvent : « Je ne m'en souviens pas, mais si j'ai postulé, c'est que c'est bon. »
La bonne réponse : une fourchette réaliste, appuyée sur une recherche de marché, justifiée par l'expérience et les responsabilités du poste. Pour les fonctions commerciales en particulier, la capacité à négocier son propre salaire est aussi observée comme un indice de la capacité à négocier avec un client.
L'erreur après la question « Avez-vous des questions ?"
Répondre non, comme la majorité des candidats, ça referme l'entretien sur une impression d'indifférence.
La bonne réponse, à minima deux questions : « Quelles sont les prochaines étapes de votre processus de recrutement ? » et « Qu'est-ce que vous me conseillez d'améliorer sur mes réponses aujourd'hui ? ».
Cette dernière a un double effet : elle montre une vraie envie de progresser et elle donne souvent des informations précieuses sur la façon dont l'entretien s'est réellement passé.
Et maintenant ?
Ces sept réponses se préparent, elles ne s'improvisent pas le jour J. Tout commence souvent par la deuxième de cette liste : un bon pitch de présentation change la dynamique de tout le reste de l'entretien.
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